Procès du trafic international de déchets : jusqu’à cinq ans de prison

, Procès du trafic international de déchets : jusqu’à cinq ans de prison

Ils étaient sans doute occupés à jouer du jazz tzigane. C’est en tout cas leur principale activité, si on en croit leur chef de famille, qui s’était ainsi présenté à la barre du tribunal : « Nous sommes des professionnels de la musique, des tziganes évangélistes. »

C’était au mois de décembre, pendant leur procès devant la juridiction spécialisée qui étudiait le colossal trafic de déchets pour lequel ils comparaissaient. À l’époque, Johnny Demeter, l’un des frères de cette famille musicienne, reconnaissait quand même s’être également laissé griser par la facilité avec laquelle il avait monté une escroquerie internationale.

Papiers trafiqués

Il s’agissait d’amener des milliers de tonnes de déchets belges pour s’en débarrasser en France. Auprès des centres de retraitement, d’abord, qui n’ont évidemment jamais été payés. C’est ainsi que Suez et Veolia ont fini par ne plus accepter de travailler avec cette pseudo-société qui utilisait de faux noms et des papiers trafiqués. Alors, la petite entreprise s’est organisée différemment. Après avoir repéré des terrains à louer sur le site « leboncoin », Demeter et les siens guidaient les camions pleins d’ordures vers ces sites isolés, d’abord dans l’est de la France, puis (quand ils ont été repérés), dans le Nord et le Pas-de-Calais. Et recevaient toujours l’argent belge.

Autant que les stups

À l’audience, la procureure a estimé que le trafic international de déchets génère des gains aussi importants que ceux du trafic de stupéfiants, mais est moins poursuivi. Ici, ils le sont, mais ni Johnny Demeter, ni aucun membre de sa famille, et pas non plus les complices qu’avait pointés l’instruction ne s’étaient déplacés pour entendre prononcer le jugement du tribunal de Lille – qui a eu la main plutôt lourde.

En décembre, Johnny Demeter, après avoir expliqué qu’il n’avait « jamais eu autant d’argent » de toute sa vie, avait tenté d’expliquer qu’il avait monté tout cela tout seul. « Vu la complexité de l’entreprise, on ne peut pas vous croire, Monsieur », lui a avait rétorqué la procureure. Manifestement, le tribunal ne l’a pas cru non plus.

Sommes colossales

S’il est condamné à cinq ans d’emprisonnement (un mandat d’arrêt est décerné) et 50 000 €, les autres prévenus sont également sanctionnés de peines allant de dix-huit mois à trois ans ferme. Mais c’est peut-être dans le montant des préjudices à indemniser qu’on trouve le message envoyé par le tribunal. Aux entreprises spoliées, bien sûr, mais aussi aux sites touchés et aux associations environnementales, les sommes allouées, mises bout à bout, sont colossales.

Mais sur la vingtaine de parties civiles retenues par le tribunal, aucune des communes du Nord ou du Pas-de-Calais touchées (1) ne s’était constituée. Un spécialiste de la gestion des déchets au ministère de la Transition écologique était venu expliquer les nuisances de telles décharges sauvages sur l’environnement… qu’on ne pourra estimer réellement que dans plusieurs années. D’ici là, les prévenus et le parquet ont dix jours pour faire appel.

1. Les communes de Coudekerque-Village, Loon-Plage, Violaines, Dannes, Mardyck, Haubourdin, Rouvignies, Lezennes et Seclin, notamment, ont été victimes.

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